Le bilan statistique de la saison ! Partie 1

Posted by

·

,
De l’importance des statistiques dans le football. Les statistiques occupent une part de plus en plus importante du quotidien du staff des équipes sportives. Ici Alan Pardew, élu Manager of the Year 2012 dans son bureau à Darsley Park, le centre d’entrainement de Newcastle United.

En suivant l’exemple du suivi des sports américains, il devient de plus en plus aisé de trouver des données d’analyse footballistiques grâce à l’essor de plateformes présentant et vulgarisant ces chiffres. L’excellent WhoScored.com propose ainsi un accès à de nombreuses chiffrages individuels et collectifs provenant de sources de données telles qu’OPTA Stats, Netpulse ou encore ActionImages. MyPremierLeague vous propose donc à partir d’aujourd’hui un bilan statistique individuel commenté de la saison en quatre parties :

Ils ont ratissé du terrain:

Mêlant l’intelligence de jeu et la combativité, le commentaire portera sur le compartiment défensif du jeu : tacles, interceptions, duels aériens et frappes contrées.

Ils ont oublié de mettre le réveil:

Par leur précipitation ou négligence, ces joueurs ont pu avoir été les boulets de leur équipe par moments. Nous nous pencherons sur les fautes commises, les dribbles subis, les dépossessions de balle, les pertes de balles et les hors-jeu offerts aux adversaires.

Ils ont tenté leur chance

Tirs et dribbles, victimes d’interventions irrégulières, qui ont été les joueurs les plus efficaces ? Et parce que l’inverse amuse aussi, quels ont été les moins efficaces ?

Ils ont fait la différence

Nous nous intéresserons au jeu de passe incluant évidemment les passes mais aussi les centres, les passes décisives, les passes-clé, les passes en profondeur ou longues sans oublier le si prisé pourcentage de passes réussies.

Ils ont ratissé du terrain

L’art du tacle

Pour sa première saison en Premier League, Yohan Cabaye occupe déjà le top du Tackling Charts si cher au public Anglais. Le milieu Français de Newcastle est ici en pleine intervention sur le latéral Villain Alan Hutton.

On retrouve en première position le milieu de terrain Français de Newcastle – à qui MyPremierLeague avait déjà consacré un article. Yohan Cabaye démontre qu’il a parfaitement réussi à s’adapter au plan de jeu de Newcastle différant de celui de Lille par son rôle dans l’entrejeu ; aligné alors en compagnie de Rio Mavuba et Florent Balmont, le français a du élargir sa palette en évoluant dans un double pivot aux côtés de Cheikh Tioté. Le milieu Ivoirien auquel on aurait pourtant prêté à première vue un rôle plus défensif n’apparait qu’à la 37e place de ce classement avec 67 tacles.

Moussa Dembélé (Fulham) occupe la seconde place de ce classement, preuve de son changement de registre de jeu depuis son arrivée en Angleterre. Aligné en pointe ou en soutien (de Bobby Zamora) par Mark Hughes, le milieu International Belge a reculé d’un cran avec Martin Jol afin d’évoluer dans un rôle de relayeur/récupérateur aux côtés de Danny Murphy (reléguant le Nigerian Dickson Etuhu sur le banc).

Vient ensuite l’excellent Joe Allen (Swansea), sous-médiatisé dans une équipe sous-médiatisée, le Gallois (formé dans son club de Swansea) prouve qu’il sait véritablement tout faire sur un terrain. Si la finesse de sa touche technique n’est pas quantifiable, sa qualité de récupérateur est ici mise en valeur ; ce de façon remarquable dans la mesure où il évolue pourtant devant Leon Britton dans une équipe qui joue ouvertement la possession de balle (57.6% soit le 3e meilleur pourcentage).

Etant donné qu’il est impossible de parler de tacles en Premier League sans évoquer Scott Parker (Tottenham Hotspur), le milieu de terrain de Tottenham est là pour rappeler sa présence avec ce 4e total. Si Parker n’est pas le plus brillant tacleur d’un point de vue technique (ce afin de conserver le ballon en contrôle du début à la fin) puisqu’il se contente souvent de bloquer son adversaire ;  la conviction que le milieu de 32 ans met dans ses interventions galvanise toujours autant ses coéquipiers.

Le Hondurien de Wigan Maynor Figueroa aura véritablement brillé dans le système de jeu mis en place par Roberto Martinez en cours de saison. A la suite d’une première partie d’exercice caractérisée par une défense “portes de saloon”, l’entraîneur Espagnol va ajouter un défenseur central à sa formation qui va se transformer en un 3-4-3 ou 5-3-2. Maynor Figueroa sera le partenaire gauche de Gary Caldwell (Antolin Alcaraz tenant le poste de défenseur axial droit). Ainsi couvert par son capitaine Caldwell, cette animation l’amènera à sortir fréquemment de sa position afin de s’intercaler au milieu de terrain ou afin de couper les trajectoires sur le flanc gauche ; éléments à même d’expliquer ces statistiques de milieu récupérateur.

Par la suite, apparaissent cinq latéraux notamment Patrice Evra (Manchester United), souvent esseulé sur son flanc (en raison du faible retour défensif de Young ou Nani) et devant faire face à la montée de deux joueurs. Swansea City réalise la performance de faire figurer trois de ses joueurs dans le top 20 avec ses latéraux habituels Neil Taylor et Angel Rangel. Neil Taylor est la raison pour laquelle les supporters Gallois ne souhaitent pas entendre parler d’un Gareth Bale aligné au poste de latéral gauche en séléction Galloise tant le défenseur de Swansea se montre intraitable en duel (profitant notamment de sa vitesse et vivacité, bien aidé par son gabarit modeste). Angel Rangel quant à lui est la véritable rampe de lancement du jeu de Swansea et souvent amené à venir “serrer” son joueur au marquage jusque dans le camp adverse, ce qui peut éventuellement expliquer  la préférence du tacle au devant de l’interception.

On ne saurait traduire autrement le total élevé de tacles de Kyle Naughton (Norwich City) que par sa qualité défensive d’une part, mais aussi comme une illustration de sa rigueur parfois excessive dans le sens où davantage de prise de risque défensive (en intégrant la récupération par interception à son jeu) ou offensive (ne pas s’arrêter et centrer à 30m de la ligne de but) ne serait pas de trop dans son jeu. Son compère de Tottenham Kyle Walker (1)  (au delà de partager le même prénom et poste, les deux joueurs ont été formés à Sheffield United et ont rejoint les Spurs ensemble voilà deux saisons) fait également état d’un total appréciable de tacles. Seulement si constance et mesure semblent être les maitres mots du jeu de Naughton, Walker manque régulièrement de rigueur et de régularité dans ses matchs, ce qui se ressent parfois sur ses interventions pouvant varier de l’excellent au très mauvais.

Coupé dans son élan par une grave blessure au genou lors d’un tour de Cup à Milton Keynes début Janvier, Alejandro Faurlin (Queens Park Rangers) n’aura pu disputer qu’une moitié de saison. Bien que sa médiatisation subite fut davantage liée à un contrat illicite (2) qu’à ses performances sur le terrain (qui n’auraient pas démérité d’une juste mise en valeur), l’Argentin a démontré lors de la première partie de saison à quel point il était crucial dans le jeu des Hoops. Non content de disposer d’une aisance technique indéniable, Faurlin aura réalisé 90 tacles lors de ses 20 premiers matchs de Premier League, soit autant que Nigel Reo-Coker en 37 rencontres ! L’Argentin présente logiquement le meilleur ratio avec une moyenne de 4,5 tacles par rencontre.

Libéré à la fin de contrat à Aston Villa l’été dernier (cf Bilan du Mercato Estival), Reo-Coker (Bolton Wanderers) est allé monnayer ses services à Bolton où il aura réalisé une saison pleine malgré la relégation du club de la banlieue de Manchester. Valeur sure dans ce compartiment du jeu (son déchet technique et dans son jeu de passe aura freiné ses plans de carrière), “NRC” se classe logiquement au 16e rang du championnat avec 86 tacles.

Suite à la blessure d’Alejandro Faurlin, Joey Barton (Queens Park Rangers) a été amené à quitter son flanc droit afin d’évoluer plus régulièrement dans l’entrejeu aux côtés de Shaun Derry. Souvent sous le feu des projecteurs à la suite de ses écarts de conduite, celui qui a été déchu du brassard de capitaine des QPR au cours de la saison a néanmoins poursuivi sa dynamique sportive depuis sa sortie de prison voilà deux ans. Si il ne fait pas de doute que Joey Barton n’est certainement pas le joueur qu’il pense être, il n’en est pas moins un joueur tout à fait correct dont la palette de compétence est suffisamment variée pour tenir divers rôles dans l’entrejeu (du centreur/passeur décisif au récupérateur chargé de la première relance, ce sans oublier son incroyable jeu long).

Désormais stabilisé devant la défense par David Moyes (même si il est parfois aligné plus haut, cela reste moins fréquent que lors de sa première saison), Marouane Fellaini (Everton) peut se targuer de qualités à la récupération mêlant son gabarit à l’impact physique qu’il imprime dans les duels. Ces performances ne masquent toutefois pas ses excès d’engagement (cf partie 2 de ce dossier) ou ses limites dans le jeu l’amenant à se confiner dans ce registre de récupération par le duel.

Si il arrive parfois des mésaventures défensives à Alexandre Song (Arsenal) (deuxième joueur le plus fréquemment dribblé dans le championnat, cf partie 2 du dossier), le Camerounais parvient à faire cohabiter une importance à la récupération et des montées offensives bien qu’il n’ait pas encore réussi à trouver le délicat équilibre entre les deux (ce que Mikel Arteta ne manquera pas d’approuver, fréquemment contraint de rappeler vocalement son coéquipier à la dure réalité de son rôle).

Laurent Koscielny (Arsenal), inconnu ou presque à son arrivée, s’est imposé dans la charnière d’Arsenal en l’espace de deux saisons. Si Arsène Wenger a été contraint de modifier sa charnière quasiment chaque semaine en raison des blessures ou suspensions, l’ancien défenseur du Tours FC a été la constante autour de laquelle était organisée la défense. Laurent Koscielny possède la palette du défenseur moderne, aussi puissant en duel que brillant dans la lecture du jeu et la relance. Régulièrement en couverture des montées de son partenaire Vermaelen, c’est peut être la raison pour laquelle Koscielny est aussi le joueur ayant réalisé le plus d’interventions en tant que dernier défenseur cette saison (9).

Après deux saisons moyennes à Manchester City, Gareth Barry semble prendre du plaisir à évoluer dans le plan de jeu mis en place par Roberto Mancini axé majoritairement sur la possession du ballon. Alors que Mancini alignait un milieu à trois faisant figurer Nigel De Jong à la récupération aux côtés de Gareth Barry chargé de relayer derrière Yaya Touré en piston, l’impressionnante évolution de la maitrise du ballon par les Citizens (52.7 en 2010/2011, 57.7% en 2011/2012) a permis de sortir Nigel De Jong du onze de départ au profit d’un joueur offensif supplémentaire. Ainsi, David Silva a pu s’imposer en tant que milieu offensif axial. Gareth Barry est donc devenu le joueur à dominante défensive en charge de la récupération dans le cas où le pressing collectif n’ait pas permis de récupérer le ballon plus tôt. Cependant on peut être tenté de relativiser ce total dans la mesure où City a rencontré une part importante d’équipes regroupées dans leur camp, ce facilitant la récupération du ballon à un adversaire peu optimiste quant à la possibilité de réussite d’un contre lancé à deux ou trois joueurs depuis son propre camp.

____________

(1) : Au delà de partager le même prénom et poste, les deux joueurs ont été formés à Sheffield United et ont rejoint les Spurs ensemble voilà deux saisons. Naughton, pourtant de deux ans l’ainé de Walker, a été prêté toute la saison à Norwich City.

(2): QPR n’était pas propriétaire de tous les droits sur le joueur (condition requise pour l’homologation d’un contrat à la ligue), ce qui aurait pu bloquer administrativement la promotion du club Londonien l’été dernier. L’affaire se soldera finalement par une amende infligée par la Fédération Anglaise de Football (FA)

Seb C. Avatar

About the author